2. Moins une carrière qu'une vie studieuse
Né à Youqi dans le Fujian, fils d'un fonctionnaire provincial bon lettré, fort bien éduqué après la mort de son père par trois amis de celui-ci eux-mêmes très cultivés, Zhu Xi, remarquablement intelligent, réussit dès dix-neuf ans au concours triennal. Il va dès lors poursuivre dans la fonction publique une carrière qu'il se refusera toujours à pousser au-delà des postes de second ordre auxquels il sera successivement affecté, déclinant plusieurs fois des invitations à prendre à la capitale de plus hautes responsabilités. Aussi bien, il se consacre plus à l'étude qu'aux affaires administratives, non sans se risquer néanmoins à adresser occasionnellement à l'empereur des pétitions relativement audacieuses, et même, dans l'une d'elles, en 1163, à prendre position pour la guerre de reconquête du nord du pays, contre la politique de compromis avec les envahisseurs barbares pratiquée par le Premier ministre Tang Situi. D'abord séduit par le bouddhisme, que prisaient fort ses premiers tuteurs, ce n'est qu'à vingt-quatre ans qu'il est initié au néo-confucianisme par Li Dong, un héritier indirect de l'enseignement de Cheng Yi. Par la suite, il va se consacrer entièrement à propager à son tour une doctrine qu'il contribuera plus qu'aucun de ses prédécesseurs à fortifier par la vigueur de sa réflexion et à nourrir de son immense érudition ; ce qui lui vaudra, partout où il passera, de si nombreux disciples que le pouvoir finira par en prendre ombrage. Accusé de subversion, il est privé de tous ses titres et démis de sa charge en 1196. Il obtient cependant un décret de mise à la retraite régulière en raison de son grand âge en 1200, juste avant de mourir de la dysenterie. Mais son renom, qui continue de croître, fait bientôt plus qu'effacer la disgrâce de ses dernières années : en 1227, Zhu Xi est anobli à titre posthume, et, en 1241, sa tablette funéraire est introduite dans le temps de Confucius.
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