2. Une idée centrale : l'esprit de l'antiquité
Exerçant sur ses contemporains une influence profonde, Zhao Mengfu joua un rôle prépondérant dans le renouvellement de la peinture Yuan. Apôtre du « revival », il n'a pourtant pas laissé un important corpus de textes théoriques. Ses écrits se composent seulement de quelques poèmes, réunis en un Recueil littéraire du pin et de la neige, et de quelques colophons de peintures (Shigutang shuhua huikao/II, compilé en 1682). Dans ces textes, qui proclament sans cesse son allégeance aux anciens, il est malaisé de saisir l'originalité de l'art de Zhao. Chez un artiste moins inspiré que lui, ce retour aux sources aurait pu rester peu créatif, mais Zhao, génie polyvalent, exprime à travers sa peinture et sa calligraphie le sens et les limites de son recours à la tradition. Zhao est le plus grand calligraphe de son temps, son style influençant jusqu'à l'impression xylographique. Des exemples de cette calligraphie sont conservés sur des peintures du maître. Mouton et chèvre (Freer Gallery, Washington) porte deux inscriptions : l'une de Zhao Mengfu, commentaire esthétique conventionnel transcrit en une écriture d'une grande puissance expressive ; la seconde inscription, en revanche, de la main de l'empereur Qianlong, n'est qu'une imitation sans vigueur du style calligraphique du maître et souffre mal la comparaison directe avec son modèle. De l'interprétation créatrice à la copie servile, nous avons ici, illustrés, les deux pôles de la « recherche de l'antiquité ».
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