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ZEN

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9.  Prajñā

Des vertus bouddhiques (pāramitā), il en est une qui domine sur l'ensemble des écoles mahâyânistes : prajñā, la « sapience ».

Les deux mots de vertu et de sapience cependant obscurcissent le sens de prajñā, de même que celui de dāna, autre pāramitā majeure, se ressent de la traduction par « don ». Prajñā et dāna, même en pays bouddhiques, ont fait l'objet d'interprétations simplifiantes qui les adaptaient à la mesure des échanges quotidiens. C'est en foules innombrables que les fidèles, assoiffés de renaissances heureuses, ont, de tout temps, naïvement confondu dāna avec un trafic entre eux et la transcendance, grâce auquel ils croyaient se procurer en leurs vies présente et future des mérites attestés par les Buddha.

Prajñā fut souvent dépeinte comme une sublime lumière inondant et pénétrant celui qui parvient à s'y offrir. Image assez forte mais fort reprochable, qui entraîne la nécessité d'un rayonnement et d'une provenance. Il est vrai que les sūtra, où se joue le grand théâtre allégorique du bouddhisme, fourmillent d'images semblables destinées, dans leur plasticité et leur fluidité, à tenir le rôle d'articles figuratifs aux lieu et place d'impossibles arguments. Les fidèles n'ont pas eu le mal de les inventer. Les images suscitent une crédibilité qui, de substituts analogiques faits pour supporter la pensée, les transforme en matière première prise abusivement pour trésor dont il convient d'inventorier le contenu. Le bouddhisme en est conscient, sans pouvoir toutefois limiter les excès d'une pseudo-herméneutique, fort différente de la symbolique dont il use d'autre part.

Dāna et prajñā ne sont vertus que comme attitudes justes à l'égard de la bodhi. Ainsi sont-elles des modulations du sens d'être.

Dans le Mahāyāna, dāna n'est guère isolable de son contexte. Et plutôt que par « don », il faudrait traduire le mot par « déréliction », mais déréliction assumée et non pas subie. Face à duḥkha, souffrance de la personne et souffrance dans le monde, dāna est un lâcher, un abandon des prises – c'est-à-dire celles qui sont liées à taṇhā (le désir) et entretenues par l'instrumentation illusoire des skandha, e […]

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