Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

ZEN

Page précédente Page suivante

3.  Śūnyatā et tathatā

Dans la prolixité de l'immense et fastueuse fable qui sert de substrat imaginaire aux développements doctrinaux du bouddhisme, le Mahāyāna se distingue à première vue du bouddhisme réputé ancien par la prééminence et l'amplification données à certains concepts, et par l'absence du volontarisme qui marque de son sceau l'ensemble des religions indiennes.

Cela veut dire d'abord que, renonçant à la scolastique éperdue et pulvérisante du bouddhisme ancien, le Mahāyāna s'enfonce sans retour dans ce qui est le contraire d'une organisation systématique : il privilégie et contemple toujours plus extensivement quelques notions qui rendent les autres futiles. Ce qui ne l'empêche pas de faire occasionnellement mention de celles-ci, de les appeler en appoint dans les argumentations et les joutes dialectiques dont le bouddhisme, de Ceylan au Tibet, s'est repu des siècles durant en amateur insatiable. Nous passerons rapidement en revue deux de ces notions qui se révèlent indispensables à la compréhension du chan. Non que cette compréhension en découle. Elles lui sont nécessaires mais point suffisantes.

Cela veut dire ensuite, pour ce qui est de l'absence de volontarisme, que le Mahāyāna s'expose tout en insistant sur la débilité des moyens dont le discours dispose, et sans tenir pour admis qu'il doive emporter la conviction. Le Mahāyāna est monstratif plutôt que dogmatique ; il propose, sur le plan philosophique, des matériaux d'étude, presque des prétextes ; un peu l'équivalent de ce que sont aux philologues les leçons. L'école du Mādhyamika est à cet égard la plus représentative.

Préexistante dans la tradition bouddhique, la notion de śūnyatā occupe ici le premier rang. On a inlassablement répété – et avec raison – que, n'était l'accent mis sur elle, le Mahāyāna n'aurait pas de contenu vraiment propre. Comparable en cela à celui de dao en chinois, le sens du mot sanskrit śūnyatā ne saurait être ni cerné par une définition, ni visé de façon univoque. Admettons pour un instant la traduction d […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 27 pages… Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« ZEN » est également traité dans :

BOUDDHISME (Les grandes traditions) - Bouddhisme japonais

Écrit par :  Jean-Noël ROBERT

Dans le chapitre "Les changements"  : …  société. Tandis que Nichiren est exilé pour ses tentatives d'influer sur la politique des shōgun, *le zen se propage dans la classe nouvelle des guerriers (bushi) ; les mouvements de la Terre pure deviennent extrêmement populaires et constituent l'une des composantes des grands soulèvements tels que les révoltes dites Ikkō-ikki, qui… Lire la suite
CONTRE-CULTURE

Écrit par :  Alain TOURAINE

Dans le chapitre "La culture parallèle"  : …  soi, la réunion harmonieuse de l'âme et du corps se réalisent. C'est Gary Snyder qui introduisit le *zen sur la côte Pacifique, mais c'est D. T. Suzuki et surtout Alan Watts qui en furent les principaux interprètes. Ginsberg reçoit en 1954 une illumination. Partout, aux États-Unis et même en Europe, se multiplient les swamis, plus ou moins critiqués… Lire la suite
DOGEN (1200-1253)

Écrit par :  Jean-Christian COPPIETERS

… *Moine bouddhiste japonais, fondateur de la secte sōtō, né dans une famille marquante alliée à la dynastie, Dōgen reçut l'éducation propre à son milieu. Il perdit son père à deux ans, sa mère à huit, et passa les années suivantes en séjours successifs chez différents parents. En 1213, après avoir fait le siège d'un oncle moine qui habitait sur les… Lire la suite
HAKUIN (1685-1768)

Écrit par :  Madeleine PAUL-DAVID

*Au cours des époques Kamakura et Muromachi, l'apport des moines zen à la culture et à l'art japonais fut considérable. À Kyōto, sous le patronage des Ashikaga, ils ont joué un rôle de premier plan. C'est alors que les Gozan (les cinq grands monastères de la capitale) répandirent la culture des… Lire la suite
JAPON (Le territoire et les hommes) - Histoire

Écrit par :  Paul AKAMATSUVadime ELISSEEFFValérie NIQUET

Dans le chapitre "Le renouveau culturel"  : …  qu'étaient les vassaux du shōgun furent davantage sensibles aux enseignements de la secte *Zen, issue du Chan chinois et qui répondait mieux à leurs aspirations. Introduite au Japon par Eisai (1141-1215), cette secte affirmait la valeur de l'enseignement oral et des paradoxes, cependant qu'elle niait tout autant que l'amidisme les vertus d… Lire la suite
JAPON (Arts et culture) - Les arts

Écrit par :  François BERTHIERFrançois CHASLINNicolas FIÉVÉChantal KOZYREFFHervé LE GOFFFrançoise LEVAILLANTDaisy LION-GOLDSCHMIDTMadeleine PAUL-DAVID Universalis

Dans le chapitre "La renaissance"  : …  une seconde cause vint hâter ce processus : la diffusion, au xiiie siècle, du *Zen dans le pays. Cette secte préconise une sorte d'introspection en vue de saisir l'identité du soi et de la « nature-de-buddha » (busshō). Dans cette démarche, les Écritures comme les images sacrées sont inutiles, voire néfastes.… Lire la suite
MUROMACHI ÉPOQUE (1333-1573)

Écrit par :  Jacqueline PIGEOT

… *Tirant son nom du quartier de Kyōto où Ashikaga Takauji établit en 1336 le siège du gouvernement (bakufu), l'époque Muromachi ne connut guère de stabilité politique et fut déchirée par des guerres intestines. Toutefois, bien que la longue période de paix que surent imposer par la suite les shōgun Tokugawa contraste nettement avec… Lire la suite
PERFORMANCE, art

Écrit par :  Daniel CHARLES

Dans le chapitre "L'esthétique du groupe Zaj"  : …  suffise de rappeler cette anecdote, que cite Nancy Wilson Ross dans son livre sur Le Bouddhisme *zen : un « homme éclairé » se rendit un jour auprès d'un maître du zen « pour s'instruire sur cette philosophie exceptionnelle. Le maître invita poliment son visiteur à prendre avec lui une tasse de thé pendant qu'ils converseraient. Lorsque le… Lire la suite
THÉ CÉRÉMONIE DU

Écrit par :  Christine SHIMIZU

… *L'expression « cérémonie du thé » est une adaptation occidentale du terme japonais chanoyu qui signifie littéralement « eau chaude pour le thé », la simplicité de ces mots n'impliquant aucune notion de cérémonie. Le mot chanoyu était employé au Japon dès le ixe siècle, mais il ne prit l'acception qu'on lui… Lire la suite
VOYAGE DE SAICHO ET KUKAI EN CHINE

Écrit par :  François MACÉ

  *Depuis l'introduction du bouddhisme au vie siècle, les Japonais ne cessèrent d'accueillir des moines du continent, mais aussi de se rendre en Chine. Profitant d'une ambassade en 804, deux moines partirent pour étudier dans la Chine des Tang. Saichō (767-822) séjourna au mont Tiantai où il reçut la… Lire la suite

Afficher la liste complète (11 références)

Retour en haut

Média

Média de cet article dans l'Encyclopædia Universalis :

Zen

Retour en haut

Voir aussi

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média