En 2009, revenant sur sa première année à la tête de l'État, le président Rupiah Banda juge que l'expérience est « difficile ». Il se plaint en effet du manque de coopération dont font preuve des membres de son propre parti, le Mouvement pour le multipartisme et la démocratie (M.M.D.) au pouvoir, ainsi que des attaques malveillantes des médias. Il fustige par ailleurs l'opposant Michael Sata, leader du Front patriotique, qu'il qualifie d'homme « méchant » et de « fils de Satan ». En août, le président Banda fait face à une tentative de destitution organisée par les députés du Front patriotique et du Parti unifié pour le développement national (U.P.N.D.). Peu après, un conflit émerge au sein de la direction du M.M.D. concernant la date de la convention nationale chargée d'élire les responsables du parti. Rupiah Banda et ses partisans contiennent les dissensions en dissolvant le comité exécutif provincial qui s'était opposé à eux, mais cette mesure ne fait que renforcer les accusations de comportement autocratique et de manque de transparence.
En août, Frederick Chiluba, président de 1991 à 2002, est acquitté, au terme d'un long procès, des charges de corruption qui pesaient contre lui ; c'est la première fois qu'un ancien chef d'État africain fait l'objet d'une action en justice crédible dans son propre pays. Au début de l'année, sa femme Regina a par ailleurs été incarcérée pour avoir détourné des fonds durant le mandat de son mari, et la Haute Cour de Londres avait statué, en 2007, que l'ancien président avait usurpé l'équivalent de quelque 31,5 millions d'euros au gouvernement zambien. Au cours du procès qui s'achève en 2009, Frederick Chiluba est bel et bien accusé d'avoir détourné 343 000 euros au cours des dix années passées à la tête de l'État, mais le juge estime que la preuve que la somme en question provenait des fonds publics n'a pas été établie. Selon un agent local de Transparency International, cette affaire illustre les complexités inhérentes à la lutte contre la corruption en Afriqu […]
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