En juillet 1747, Voltaire (1694-1778) fait paraître anonymement Memnon, histoire orientale, imprimé à Amsterdam. Remanié, lu à plusieurs reprises en privé, le récit est finalement publié l'année suivante à Paris, toujours sans nom d'auteur, sous le titre de Zadig, ou la Destinée. En 1756, pour l'édition de ses œuvres complètes, Voltaire ajouta l'épisode de l'archimage Yébor (« Les Disputes et les audiences »). Deux autres chapitres – « La Danse » et « Les Yeux bleus » – complèteront l'ensemble après la mort de l'auteur. L'ouvrage connut un grand succès et reste sans doute aujourd'hui, avec Candide, le texte le plus célèbre de Voltaire. Pourtant, celui-ci ne tenait guère ses contes en haute estime, et les eût volontiers sacrifiés au profit d'une gloire éternelle dans les genres « nobles » de la tragédie ou de l'épopée.
Constitué, dans sa version intégrale, de vingt et un chapitres (les deux derniers, posthumes, étant généralement placés en Appendice), Zadig nous fait vivre les mésaventures d'un jeune Babylonien, paré de toutes les grâces, doté de toutes les vertus […]
