Yvon Belaval exerce plusieurs métiers (marin, contrôleur des douanes) avant d'être reçu, en 1941, à l'agrégation de philosophie. Professeur au lycée du Mans, puis au lycée Lakanal, il est ensuite détaché au C.N.R.S. (1951-1955) ; chargé de cours, puis maître de conférences aux facultés des lettres de Strasbourg et de Lille, il devient professeur après la soutenance de sa thèse (1960) et est nommé en 1965 à la Sorbonne. Il sera également secrétaire général de l'Institut international de philosophie et vice-président de la Leibniz Gesellschaft.
Le premier livre qu'il ait publié, Le Souci de sincérité (1944), s'achevait par l'invitation faite à l'homme adulte d'abandonner le souci de sincérité pour celui de franchise. La franchise, en tous les sens du mot, sera bien la marque d'une œuvre où un écrivain philosophe, loin des confidences indiscrètes de l'intériorité, s'exprime dans l'expérience originale qu'il fait des choses, des idées et des mots. Tôt éveillé à une curiosité sans frontières, mais venu relativement tard aux études universitaires de philosophie, Yvon Belaval en conservera, sa vie durant, une liberté d'allure et une forme d'attention à la vie des pensées […]
