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NABI YUSUF (1640-1712)

Installé à Constantinople, Yusuf Nabī fait le pèlerinage à La Mekke, demeure à Alep, puis retourne dans la capitale où il est secrétaire du wāzir et enfin chef de l'administration des comptes. Sa vie est celle d'un homme d'action, comblé par les honneurs, Yusuf Nabī est aussi un des plus grands érudits de son siècle, et sa poésie s'en ressent, puisque nombre de ses œuvres sont didactiques, parénétiques et développent une éloquence toute rhétorique. Deux de ses œuvres surtout sont marquantes : son Dīwān, où il déploie la gamme de ses dons, passant avec une grande aisance de la philosophie au lyrisme, du lyrisme à la satire, et le célèbre Conseils à son fils (Hayriyā-i Nabī). Cet ouvrage garde une place particulière au sein de la littérature turque, car, au-delà du ton sentencieux et des préceptes versifiés, on y trouve une fine satire de l'époque, de la Cour et des religieux sūfis. Nabī met en garde son fils contre les vices du temps, lui donne des conseils d'ordre spirituel ou philosophique et lui indique la voie à suivre ; il lui vante aussi les mérites d'une poésie classique, débarrassée des fioritures et des symboles en usage chez certains. Nabī a composé également des ghazel et des rubai assez piquants ; la critique sociale qu'ils contiennent est passée sous la forme de maximes et de devises dans le vocabulaire turc. On lui doit encore le Livre de la fête (Surnāmā), page d'histoire remplie de détails sur les rites et sur le mode de vie de l'époque.

Les seules faiblesses de Nabī tiennent à la langue qu'il utilise et à son style : la première manque de simplicité et de lyrisme, malgré les quelques très beaux vers dédiés à Constantinople ; quant à son style, il est verbeux, disparate et chargé de persianismes.

Gayé PETEK-SALOM

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« NABI YUSUF (1640-1712) » est également traité dans :

TURQUIE

Écrit par :  Michel BOZDÉMIRGuzine DINOAli KAZANCIGILRobert MANTRANJean-François PÉROUSE

Dans le chapitre "Retour au classicisme"  : …  où se manifestent les premiers signes de la décadence de l'Empire ottoman, on voit des poètes comme *Yusuf Nabî (1640-1712), le plus grand représentant de la tendance persanisante, et Nef'i (1582-1636), le meilleur poète de la kasîde élogieuse, exprimer des réflexions critiques sur les faits de leur époque, ce qui valut à Nef'i d'être… Lire la suite

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