3. L'héritage formel
Dans certains yuefu des Han, d'une structure déroutante, se juxtaposent ou s'entrecroisent des motifs divers, à la manière de nos pots-pourris. La musique y était souveraine et autorisait les combinaisons les plus illogiques de refrains ou de chansons fragmentaires. Comme nos trouvères, les musiciens de la cour des Han ont ressassé les mêmes figures, polissant et repolissant un fonds de formules où les poètes puiseront largement. Peut-être est-ce en grande partie au labeur anonyme des jongleurs que la poésie classique doit son langage. Leur rôle semble avoir été particulièrement important dans le choix et l'assouplissement d'un nouveau moule métrique, le pentasyllabe, destiné à supplanter dès l'époque Jian'an le vieux mètre quadrisyllabique. Sous les dynasties du Sud, la majorité des yuefu se coulent dans les limites étroites d'un quatrain pentasyllabique : cette forme fixe est une nouvelle conquête de grande importance, qui prépare l'épanouissement sous les Tang du fameux quatrain dit « vers brisés » (jueju).
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