Né à Xiangcheng (Henan) dans un milieu de hauts fonctionnaires, Yuan Shikai, après des études classiques, opte pour le métier des armes. Sous-préfet militaire en Corée, alors que cette province est réclamée par la Chine et le Japon, il se montre un officier des plus énergiques. Après la défaite chinoise contre le Japon (1895), Yuan est appelé à moderniser l'armée chinoise sur les modèles européens.
Le mouvement réformiste des « Cent Jours » lancé par le jeune empereur Guangxu voit Yuan Shikai prendre parti pour les réactionnaires et l'impératrice douairière Cixi. En 1900, il écrase la révolte des « Boxeurs ». En 1901, il succède à Li Hongzhang comme haut commissaire chargé des questions militaires et des affaires étrangères en Chine du Nord ; il entreprend de réformer l'instruction, le commerce et l'industrie. Mais c'est à l'armée qu'il consacre de façon privilégiée ses talents d'organisateur, d'où sa popularité parmi ses troupes bien payées et au sein desquelles il tisse un réseau de relations usant de la diplomatie et de la manipulation. À la mort de Cixi son étoile pâlit car le prince Chun le tient responsable de la mort suspecte du jeune souverain réformateur et du cou […]
