Savant et homme politique japonais. Né dans le département de Miyagi, Yoshino Sakuzō fit ses études à l'université impériale de Tōkyō. Il fut invité en Chine pour enseigner le droit à l'école Beiyang, de 1906 à 1909. De retour au Japon, il devint maître de conférences avant de repartir en voyage aux États-Unis et en Europe, et d'être nommé professeur à l'université impériale de Tōkyō, en 1914. Pendant la Première Guerre mondiale, il débuta dans les activités politiques en publiant des articles favorables à une application démocratique de la Constitution de Meiji, dans la revue Chūōkōron. Il avait été influencé dans sa jeunesse par le socialisme d'inspiration protestante et il s'intéressa également au mouvement ouvrier : il fit partie des fondateurs de la Yūaikai, qui fut à l'origine du syndicat Sōdōmei. Par ailleurs, il animait des sociétés d'hommes de lettres ou d'étudiants, tant pour promouvoir la démocratie que pour tenter d'améliorer les relations sino-japonaises qui s'étaient dégradées depuis 1915. Mais, après la Première Guerre mondiale, il fut à la fois repoussé par les anarchistes, les socialistes de gauche puis les communistes, blâmé par les traditionalistes et rejeté par les partis politiques représentés au Parlement. Il dut abandonner sa chaire d'université, quitter même le journal Asahi dans lequel il était entré en 1924. Il s'inscrivit au Parti socialiste populaire (Shakai-minshūtō), de tendance sociale-démocrate, en 1926, et consacra ses dernières années à l'édition d'une collection d'œuvres rares publiées sous Meiji (notamment des écrits des premiers socialistes japonais), encore très estimée de nos jours. Il mourut en assistant, impuissant, à l'ascension du pouvoir militaire, pendant l'invasion de la Mandchourie.
Paul AKAMATSU
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