4. L'atelier de paravents
Ces paravents témoignent de la versatilité de Buson, ou, peut-être, de celle de sa clientèle. L'un des plus anciens (1763) Chevaux dans la campagne, évoque le style réaliste et coloré de Zhen Narping, peintre académique chinois que ses visites répétées à Nagasaki avaient rendu célèbre à travers tout le Japon. En 1764, dans Paysage à la manière de Mi Fu, il utilise le tachisme propre à ce maître des Song, tandis que, plus tardif, Voyage d'automne, dont le sujet est d'inspiration chinoise, révèle un sens aigu de la nature japonaise que l'on retrouve aussi dans Pavillon solitaire dans un bosquet de bambous et dans son pendant, Chevauchant à l'ombre des saules, aux teintes légères et transparentes. Ce sens du paysage japonais s'approfondit au cours d'un voyage effectué à Shikoku (1766-1768) et se révèle pleinement dans une de ses œuvres maîtresses, exécutée en collaboration avec le plus grand artiste de son temps, Ike-no-Taiga : l'illustration de Ju Ben Ju Gi (« les dix avantages et les dix plaisirs » de la vie de la campagne), poèmes de Li Liweng, inspirateur du Jardin du grain de moutarde. Dans le format réduit de ces feuilles d'album s'exprime, tant dans la peinture que dans la calligraphie, le romantisme poétique de Buson. Dès lors, ses œuvres se multiplient, témoins de l'essor tardif du peintre, et les paysages y tiennent une grande place. Aux grandes compositions, Retraite dans un bosquet de bambous ou Le Coucou, dans lesquelles sa maîtrise s'affirme, on peut préférer les œuvres de dimension plus restreinte : Pluie d'aube au printemps ou Soir dans la montagne glacée, dans lesquelles, selon l'expression de Suzuki Susumu, l'on sent la « peau » du Japon.
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