Né en 1937, dans l'est de la Turquie, de parents kurdes, Yilmaz Güney, après des études de droit et d'économie, entre en 1958 dans le cinéma comme scénariste et acteur. Par ailleurs écrivain, il est, en 1961, condamné à dix-huit mois de prison pour un roman suspecté de propagande communiste. Deux ans plus tard, il redevient acteur. Il sera, en cinq ans, le héros très populaire – surnommé le « roi laid » – d'une quarantaine de films. Brusquement, en 1968, il abandonne son statut de vedette et commence à réaliser des films sur des sujets sociaux, influencés par le néo-réalisme italien. C'est ainsi qu'Umut (L'Espoir, 1970) le fait découvrir en France. Pour ne pas être soumis au système commercial, il fonde sa maison de production. Mais ses activités politiques gênent le pouvoir. En 1972, il est condamné à deux ans de prison pour aide à des étudiants anarchistes. Une campagne de protestation lui vaut une amnistie. Il commence à tourner Endise (L'Inquiétude). C'est alors que, à la suite d'une rixe dans un bar, il est arrêté et condamné cette fois à une peine sévère : vingt-quatre ans de travaux forcés (qui seront ramenés, par la suite, à dix-huit ans) pour le meurtre d'un magistrat. Sa culpabilité n'a pas été prouvée de façon précise, mais les autorités turques admettront mal, plus tard, qu'une punition de droit commun soit, comme ce fut le cas à l'étranger, considérée comme un fait politique. Shérif Goren, assistant de Güney, termine Endise en 1974. Le cinéaste prépare, désormais, ses films en prison. En 1978, Elia Kazan peut lui rendre visite à Toptashi, près d'Istanbul, où les conditions de détention sont relativement souples. C'est là que Güney conçoit Le Troupeau (1978), réalisé par Zeni Okten, œuvre tragique qui raconte le choc d'une famille de bergers d'Anatolie et du monde urbain d'Ankara. En 1979, il est transféré dans l'île de Marmara, où le régime carcéral est beaucoup plus sévère. Le Troupeau sort en France et fait événement. Un dossier de la revue Positif révèle en même temps […]
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