À la fin du xixe et au début du xxe siècle, les hommes de lettres coréens ont, bien qu'ils aient gardé comme leurs prédécesseurs un esprit moraliste, commencé à adopter les nouvelles techniques littéraires européennes, formant ainsi un mouvement appelé Sin so-sol (Nouveau Roman). Ils manifestent, la plupart du temps, le désir de moderniser la Corée par une série de réformes politiques, économiques et sociales, et cette préoccupation devient le thème favori de leurs œuvres. Ces efforts de renouvellement rencontrent un obstacle insurmontable dans la politique du Japon qui, après avoir annexé la Corée, interdit toute discussion politique et contrôle sévèrement la publication des œuvres littéraires coréennes. C'est ainsi que Li Koang-su, dernier représentant de la tendance du Sin so-sol, doit se contenter d'attirer l'attention du public sur l'importance de l'instruction du peuple, considérée par lui comme le seul moyen possible de parvenir à la modernisation économique et sociale. C'est dans cet esprit qu'il critique sévèrement, dans Mu-djong (Cruauté) publié en 1917, la tradition confucéenne à laquelle reste attaché le systè […]
