9. La sortie de crise
Depuis 2002, l'expansion est plus longue que celle du cycle Heisi (1986-1991) qui a duré 51 mois. En 2005, la croissance réelle du P.I.B. atteint 3,2 p. 100 en rythme annuel. L'écart de croissance (output gap) disparaît en raison notamment de l'augmentation des investissements et de la productivité. La croissance constitue un facteur d'appréciation à long terme pour le yen. En revanche, le poids de la dette publique (160 p. 100 du P.I.B.) exerce un effet contraire à celui de la croissance réelle.
Entre 2000 et 2006, la dépréciation réelle du yen aura atteint près de 40 p. 100. En effet, le taux de change effectif réel est à son plus bas niveau (104,1 yens pour 1 dollar fin février 2006) depuis les accords du Plaza en 1985, ce qui favorise la relance des exportations et contribue à soutenir l'activité. Les interventions de change de la Banque du Japon sont interrompues depuis mars 2004 ; la baisse du dollar (l'appréciation nominale du yen) au printemps 2006 ne paraît pas de nature à justifier le retour des autorités japonaises à un interventionnisme systématique sur le marché des changes.
La crise bancaire touche à sa fin avec un retour aux bénéfices de la plupart des banques, une forte contraction du montant des pertes nettes sur créances douteuses et des reprises de provisions. Le nettoyage des bilans progresse et les créances irrécouvrables ne représentent plus que 4,6 p. 100 du total des encours de crédit (contre plus de 8 p. 100 au plus haut en 2002). Les fonds propres repassent au-dessus des seuils réglementaires, même en tenant compte du remboursement de près d'un quart des fonds publics en capital reçus en 1998-1999 et en 2003. Le système bancaire reste toutefois fragile tant que les établissements ne parviennent pas à augmenter leur rentabilité et leur productivité.
La déflation s'achève avec la réapparition d'une timide hausse des prix au printemps de 2006, après huit années consécutives de baisse. La Banque du Japon abandonne la politique d'aisance de la liquidité […]
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