8. La crise bancaire
Jusqu'aux années 1930, le Japon a disposé d'un système financier libéral, mais la mise en place des contrôles de l'économie de guerre laisse en place un système d'économie de financements administrés placé sous le contrôle étroit du ministère des Finances et de la Banque du Japon. Dans les années 1980, les marchés financiers japonais figurent parmi les marchés les plus administrés au monde, avec des restrictions très strictes sur l'industrie financière des titres, placée entre les mains de grandes maisons d'intermédiation strictement séparées des banques commerciales (article 65 de la loi de 1948 sur les valeurs mobilières et les opérations de Bourse). La Banque du Japon gère aussi un plafonnement rigoureux des taux d'intérêt qui assure la protection des profits des banques. Des restrictions drastiques empêchent les investissements directs étrangers, alors même que les Japonais multiplient les acquisitions provocantes aux États-Unis (achat du Rockefeller Center à New York, par exemple). Les pressions internationales (gaiatsu) se multiplient pour convaincre le Japon de libéraliser son système financier. Il y est surtout forcé en fait par l'explosion de la dette publique consécutive à des déficits budgétaires récurrents. Le Japon se fait lentement à l'idée qu'il lui faut passer du dirigisme (capitalism from above) au libéralisme (capitalism from below) et réinventer le marché (Morishima, 2000).
Le décloisonnement des banques et des maisons de titres en 1993, la déréglementation du marché boursier en 1996 (big bang), les privatisations et les innovations financières produisent un environnement plus concurrentiel qui engendre un boom du crédit et des émissions de dette. Les banques prêtent agressivement aux nouveaux acteurs de la croissance (promoteurs immobiliers, entreprises engagées dans les nouvelles technologies, les activités de services, etc.). Les marges d'intérêt se réduisent sous l'effet de la concurrence, laminant les profits. La communication […]
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