On compte environ 1,9 million de Yao dans les années 2000, répartis entre le sud du Malawi (où ils constituent 10 % de la population totale), le sud de la Tanzanie et la région comprise entre les fleuves Rovuma et Lugenda au Mozambique (3 % de la population). Ils n'ont pas d'autre unité que culturelle et linguistique. Divisés en nombreux lignages, ils sont dirigés par des chefs dont les fonctions étaient à l'origine militaires et commerciales. Tout au long du xixe siècle, ils se sont, en effet, livrés au pillage et au commerce des esclaves. En relation étroite, depuis le xiiie siècle, avec les commerçants arabes, les Yao se sont en majorité convertis à l'islam. Le métissage avec les esclaves razziés, d'une part, et les Arabes, d'autre part, fait des Yao une population physiquement très hétérogène.
La filiation est matrilinéaire et le mari va vivre dans le village de sa femme. Malgré la conversion à l'islam, le fond animiste reste important. L'agriculture sur brûlis est assez médiocre. L'élevage se limite aux animaux de basse-cour et à quelques chèvres. La pêche, dans le lac Nyassa, et la chasse jouent un rôle esse […]
