Nom d'un rishi (ṛṣi, « prophète ») que la tradition brahmanique place parmi ses prophètes les plus importants et dont elle fait un élève du non moins célèbre Uddālaka Āruṇi. Yājñavalkya apparaît surtout dans le Śatapatha-Brāhmaṇa et la ḄṛhadĀraṆyaka-upaniṣad ; la Samhitā (collection d'hymnes liturgiques) du Yajur Veda Blanc (Vājasaneyī-Samhitā) aurait été « vue » par lui ; et, d'une façon générale, on peut dire que Yājñavalkya est le maître de cette école védique.
Par les quelques anecdotes relatives à sa vie, il semble qu'il fut un réformateur (~ viiie s. env.) opposé au ritualisme, qui tendait à prévaloir. On le voit traiter d'égal à égal, en matière de discussion théologique, avec des femmes et des guerriers. Cela n'empêche pas qu'un traité portant sur le dharma (la yājñavalkya-smṛti) lui soit attribué. Promoteur, à la suite de son maître Uddālaka, de la théorie selon laquelle le brahman (l'« absolu ») est au cœur de la nature humaine, sous la forme de l'ātman (l'« âme »), il passe pour l'un des maîtres du Vedānta non dualiste (advaita-vedānta) ; et Shankara (viiie s.) se réfère constamment à lui.
Jean VARENNE
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