Né au Caire dans le quartier de Sayyada Zaynab où se situe l'action de son chef-d'œuvre La Lampe à huile (Qandīl umm hashim, 1944), Yaḥyā Ḥaqqī découvre tout jeune le peuple, sa misère, sa générosité, sa pitié, qu'il peignit « en demi-teintes », « avec des nuances tendres », selon l'expression de G. Wiet. Ses études de droit le font nommer, en 1925, substitut à Manfalout, où il prend conscience de la condition misérable du fellah qu'il évoque dans Sang et Boue (Dimā' wa Tin, 1955). Entré dans la carrière, il occupe des postes en Turquie, en Libye, à Rome, à Paris. Il devient ensuite rédacteur d'une revue culturelle, Al-Majallah (La Revue).
Témoin attentif de la civilisation occidentale et grand admirateur du roman français, il s'intéresse particulièrement aux rapports entre l'Europe et le monde arabo-musulman, thème qu'il n'a cessé d'aborder dans son œuvre, notamment dans Un Égyptien à Paris (Haqibah fī yadd musāfir), paru en 1969.
Ismā‘īl, le héros de La Lampe à huile, après avoir été marqué par le milieu religieux de son enfance, est bouleversé par la supériorité scientifique et techni […]
