Poète et musicien, Khwaja Mir, dont le pseudonyme Dard signifie douleur, appartenait à une famille de mystiques. Il passa sa vie dans la retraite sans quitter Delhi, en dépit du sac et des massacres qui s'y produisirent de son temps. Il était un musicien réputé, écrivit d'importants ouvrages sur le soufisme et fut le plus grand poète mystique de langue ourdoue. Il a composé un petit nombre de poèmes, qui sont tous d'une très haute qualité.
Si je ne Te voyais ici dans toute Ta Majesté / Qu'importerait que je puisse ou non voir ce monde / Dans toutes les formes que Tu revêts, Tu demeures unique / Je n'ai trouvé nul autre comparable à Toi. / Douleur, souffrance, chagrin, peine, blâmes / Tous je les ai connus par amour, par passion pour Toi. / J'étais moi-même le voile sur le visage du Bien-Aimé / Mais quand je vis, il n'y avait plus de voile en moi et Toi. / Nuit et jour, ô Dard ! je recherche Celui / Que personne en ce monde ne trouva ni ne vit.
Tant que je vivrai / Je serai en quête de Toi ! / Tant que durera ma vie / Ce sera ma prière. Dieu seul connaît la fin / Qui m'est réservée : / Le Bien-Aimé plein de fureur / Et moi plein d'impatience. / A ton cœur […]
