Après Confucius et Mencius, maître Xun, dont le nom personnel est Jing, est le troisième grand penseur de l'école confucianiste. Il vécut à l'époque des Royaumes Combattants ; son disciple le mieux connu fut Li Si, le ministre de l'État de Qin, grâce à qui l'empire allait pouvoir être fondé en ~ 221. Né à l'époque où mourut Mencius (Mengzi), contemporain de Zhuangzi et des dialecticiens, Xunzi professa une doctrine qui s'opposait à l'influence de ces derniers et se mit en contradiction avec les idées de Mencius : éclipsant l'enseignement de celui-ci, qui ne fut remis à l'honneur que par les néo-confucianistes Song, cette doctrine devait dominer l'orthodoxie confucianiste pendant très longtemps.
Xunzi oppose à l'idéalisme de Mencius une doctrine matérialiste et rigoriste. Comme tous les penseurs de son école, il prend comme modèle de conduite celle des rois de l'Antiquité. Toutefois, ces derniers ne sont plus, chez Xunzi, des souverains mythiques comme Yao et Shun, mais les rois historiques qui ont fondé la dynastie des Zhou. C'est l'ordre rituel tel qu'il a été instauré par eux qu'il convient de remettre en vigueur pour gouverner le monde. En d'autres termes, il suffit de restaurer les institutions de l'ancienne féodalité, gravement compromises mais pas encore disparues du vivant de Xunzi. Il ne s'agit plus de faire le projet d'une société utopique conformément aux révélations des Sages mythiques, mais de gouverner selon les précédents historiques, c'est-à-dire d'appliquer une politique conservatrice et traditionaliste. Le présent nous permet, en effet, de comprendre le passé, les hommes de jadis étant, pour Xunzi, semblables à ceux d'aujourd'hui.
Xunzi considère le Ciel comme n'étant rien d'autre que la nature spontanée (ziran) ; il s'oppose par là à Mencius et aux anciens confucianistes pour qui le ciel était une divinité personnelle, dépositaire d'un principe éthique. Il est inutile de se poser des questions sur lui ; mieux vaut se concentrer sur l'ici-bas. Il convient de se servir de la Destinée (Tianmin […]
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