Courant philosophique qui apparut en Chine vers la fin de l'Empire des Han (iie s.), le Xuanxue réagit contre la scolastique confucianiste qui était jusque-là la doctrine officielle. En cherchant à retrouver l'enseignement pur et fondamental des grands penseurs de l'Antiquité, ainsi qu'à répondre aux problèmes posés par l'existence dans cette période troublée, les grands esprits du temps se tournent vers les œuvres des maîtres taoïstes, notamment le Laozi et le Zhuangzi. C'est ainsi que le courant Xuanxue est souvent appelé néo-taoïsme dans la littérature occidentale. Le mot xuan veut dire « obscur » ou « mystérieux » et renvoie ici au premier chapitre du Laozi, où le problème de la relation entre l'Être (you) et le Non-Être (wu) est qualifié de « mystère des mystères » (xuanzhi youxuan). Comme on le voit, ce courant est caractérisé par un intérêt nouveau et profond pour les questions ontologiques. Prenant comme point de départ le monde sensible en changement constant, on cherche à concevoir un point de départ immuable, unique et universel, innommable, qui est le Non-Être (wu). Wang Bi interprète la relation entre ce Non-Être fondamental (benwu) et l'Être final (moyou) comme une relation entre le « corps » ou « substance » (ti) et la « fonction » (yong). Cela implique qu'Être et Non-Être ne sont point des opposés qui s'excluent mutuellement, mais des modalités complémentaires. Wang Bi en vient ainsi à concevoir le Non-Être comme l'Un divin, dont toute chose est sortie.
Afin d'approcher les notions d'existence et d'essence soulevées par cette dialectique, les penseurs du Xuanxue avaient fréquemment recours aux procédés sophistes du genre mingjiao ; cela s'appelait « discuter des noms et des principes » (mingli), méthode qui était fort en vogue à l'époque et donnait naissance à un grand nombre de jeux de mots et de plaisanteries subtiles très goûtés du beau monde. Le souvenir de ces débats spirituels est conservé dans un recueil de vignettes du temps appelé Les Nouvelles contemporaines (Shishuo xinyu), […]
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