3. Postérité de l'école Ma-Xia
La peinture de Xia Gui est étroitement associée à celle de Ma Yuan ; tous deux participent d'une même esthétique et ne diffèrent que par le tempérament – Ma plus contemplatif et poétique, Xia plus dramatique et nerveux –, aussi la critique a-t-elle désigné leur art sous le nom d'« école Ma-Xia ». Leur peinture est éminemment accessible et séduisante, d'où la vogue considérable qu'elle connut, et le grand nombre de ses imitateurs. Néanmoins, avec son désir de plaire, sa volonté de lisibilité et de clarté logique, sa propension à la prouesse technique et à la mise en formules, il s'agissait fondamentalement d'un art académique, et qui comportait en germe un facteur de dessèchement. À partir de l'époque Yuan, les lettrés sentirent le péril et une forte réaction du goût s'opéra contre l'école Ma-Xia, qui ne fut guère suivie que par les « artisans » professionnels.
La relative défaveur dans laquelle ces œuvres furent finalement tenues en Chine même vint paradoxalement favoriser leur diffusion à l'étranger : comme ce fut le cas pour les peintures Chan (ou Zen) de la même époque, les collectionneurs japonais, ne rencontrant guère de concurrence sur le marché chinois, purent en importer un grand nombre au Japon où elles exercèrent une influence considérable sur la peinture locale. Quant à l'Occident, c'est dans une large mesure par le truchement de l'école Ma-Xia (et de ses imitations) qu'il a commencé à découvrir le paysage chinois. Comme entrée en matière, ce choix est excellent, du moment que l'on prend conscience de ses limites et qu'il ne voile pas certaines valeurs plus profondes.
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