2. Un auteur polyvalent
Cet homme d'action, vif et spontané, est un excellent conteur. L'Anabase, plutôt journal de route que véritable histoire, est un chef-d'œuvre. Cet Orient fabuleux, haut en couleur, plein de détails pittoresques, rappelle Hérodote : ainsi la chasse aux onagres, aux autruches, aux gazelles, aux outardes dans les plaines d'Arabie. Et les récits militaires touchent parfois au pathétique, comme l'épisode célèbre où les Grecs, du haut du mont Tchechès, aperçoivent enfin le Pont-Euxin et se mettent à crier : « Θ́αλασσα, Θ́αλασσα » (La mer, la mer !) en s'embrassant, soldats et généraux, avec des larmes.
Quant aux Helléniques, ouvrage en sept livres qui traite la période 411-362, et dont la composition s'étend probablement sur quarante ans, on n'y retrouve pas la hauteur de vues de Thucydide, son intelligence des rapports, son impartialité de grand historien. La documentation est inégale, le souci chronologique insuffisant, surtout dans les derniers livres. Mais le récit est simple, clair, rapide ; les portraits sont d'une fine psychologie. L'œuvre reste une source essentielle pour une période confuse.
• Un esprit positif et réaliste
Xénophon n'est pas un homme de cabinet ; il aime l'action, la nature, le grand air, la chasse. Le héros de l'Économique, Ischomachos, véritable alter ego de l'auteur, fait l'éloge de la vie champêtre et entre dans tous les détails de l'administration domestique (c'est précisément le sens du mot ὀικονομικ́ος). L'Art équestre témoigne d'une longue habitude de l'équitation et dispense des conseils précis pour choisir, panser, dresser l'animal. Très concret également ce traité des Revenus, son œuvre ultime, qui passe en revue les ressources de l'Attique et cherche à renflouer le trésor par un plan d'aménagement du Pirée et un projet d'exploitation intensive des mines d'argent du Laurion.
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