Fils d'un éminent serviteur des rois d'Angleterre Henri VII et Henri VIII, lui-même très tôt appelé à servir la diplomatie de Henri VIII, sir Thomas Wyatt est passé à la postérité surtout grâce à son génie poétique. Sa carrière publique ne manque pas d'intérêt : après un voyage en Italie en 1526-1527 à la suite de l'ambassadeur sir John Russell, il occupe diverses fonctions à Calais, dans le Lincolnshire où il combat les Pèlerins de la grâce en 1536, et dans le Kent, avant d'être envoyé comme ambassadeur auprès de Charles Quint : il suit l'empereur germanique d'Espagne en France et aux Pays-Bas en 1537-1540 ; rentré dans son pays, il est élu au Parlement de 1542, tout en restant employé par Henri VIII. Cette carrière brillante et rémunératrice a été favorisée par la protection simultanée ou successive de son père, d'Ann Boleyn dont il fut l'amoureux attitré avant qu'elle n'épouse le roi, de Thomas Cromwell qui le tint en très haute considération. Ces protections n'allaient pas sans quelques inconvénients, et sir Thomas Wyatt a passé en prison des périodes plus ou moins prolongées lors de la disgrâce et de la condamnation de la reine et après l'exécution du puissant ministre ; il […]
