1.
2. Auteur
Avec Arnold Schönberg, son maître, et Anton von Webern, Alban Berg constitue l'école de Vienne, qui symbolise l'avant-garde musicale du xxe siècle. Des trois, il est le plus lyrique, le plus «romantique». Que ce soit dans son Quatuor à cordes (1911), ses Trois Pièces pour orchestre (1914), sa Suite lyrique (1927), son Concerto pour violon «À la mémoire d'un ange» (créé en 1936), son langage manifeste une sensibilité exacerbée. Celle-ci ne pouvait que le conduire à l'opéra, avec Wozzeck (1925) puis Lulu (inachevé à sa mort), où il utilise la technique dodécaphonique sérielle inventée par Schönberg.
3. Genre - Opéra
Wozzeck, créé à la Staatsoper de Berlin le 14 décembre 1925, est exemplaire de ce que l'on qualifie, dans les pays germaniques, d'«opéra littéraire» (Literaturoper): l'ouvrage n'est pas composé sur un livret spécialement écrit pour l'occasion; il s'agit de la mise en musique d'un texte préexistant, en l'occurrence le drame Woyzeck de Georg Büchner, poète allemand de génie mort à vingt-trois ans, en 1837. Demeurée à l'état de fragment, cette pièce ne présente pas d'ordre défini entre ses scènes. Berg a donc dû effectuer son propre découpage en séquences, ce qui confère à l'œuvre un aspect ouvert et discontinu qui rompt avec la mélodie infinie wagnérienne.
4. Forme
Dans les années 1920, on commence sérieusement à se demander si l'opéra n'est pas un genre périmé. Qu'il repose sur l'alternance classique d'airs isolés les uns des autres ou sur la mélodie continue issue de Wagner, ce genre paye un lourd tribut au passé. La création de Wozzeck, en 1925, retentit comme un coup de tonnerre: l'art lyrique entre dans l'ère de la modernité. Mais, comble du paradoxe, c'est par le recours à des structures anciennes: Wozzeck se compose en effet de formes instrumentales (suite, passacaille, symphonie, fugue. […]
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