3. Le neutrino
Après avoir passé cinq ans à Hambourg comme privat-docent et assistant de W. Lenz, lui-même élève d'A. Sommerfeld, séjour animé par de longues discussions avec Otto Stern, Pauli fut nommé professeur de physique théorique à l'École polytechnique fédérale de Zurich en 1928. Ce fut une période mouvementée, marquée par un mariage éphémère et par sa rencontre avec le célèbre psychiatre Carl Gustav Jung, à Zurich. Ce fut aussi le moment où l'intérêt de Pauli se fixa sur la théorie des champs quantifiés et les particules élémentaires. À sa chaire de l'École polytechnique était rattaché un poste d'assistant docteur qui, par la suite, attira les plus brillants jeunes théoriciens : Ralph Kronig, Félix Bloch, Rudolf Ernst Peierls, N. Kemmer, Hendrick Brugt Gerhard Casimir, Victor Weisskopf, Marcus Fierz, R. Jost.
À cette époque, plus précisément avant 1932, les seules particules « élémentaires » connues étaient le photon, le proton et l'électron ; en proposer une nouvelle sans l'avoir vue était un acte de foi. Ce fut le cas du « neutron de Pauli », plus tard appelé neutrino par Enrico Fermi et qui naquit du dilemme d'une apparente violation de la loi de conservation de l'énergie dans la radio-activité du noyau de Radon (Radium-Émanation) par émission d'un électron. La foi profonde en les symétries exprimées par des lois de conservation, incita Pauli à postuler l'existence d'une particule neutre et légère avec le même spin 1/2 que l'électron.
Bien que la détection expérimentale du neutrino (antineutrino) en 1956 fût un triomphe personnel pour Pauli, cette particule lui réserva encore des surprises. En effet, moins de six mois plus tard, des expériences mirent en évidence un sens intrinsèque de spirale gauche pour le neutrino, en violation manifeste de la « parité », symétrie par rapport aux réflexions dans l'espace. On comprend que Pauli eut de la peine à admettre que « le Seigneur est tout simplement un gaucher ».
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