Né le 10 août 1913 dans le petit village de Lorenzkirch (Saxe), Wolfgang Paul était le fils d'un professeur de chimie à l'université de pharmacie de Munich. Après des études supérieures à l'université technique de Munich puis à Berlin, il effectua de 1937 à 1939 son travail de thèse à l'université de Kiel sur l'étude des moments nucléaires du béryllium. Exempté de service militaire, il put continuer ses recherches sur la spectrométrie de masse et la séparation isotopique à Kiel, puis à Göttingen. Nommé professeur à l'université de Bonn en 1952, il y dirigea un institut de physique nucléaire bientôt doté d'un synchrotron à électrons dédié à l'étude du noyau atomique.
C'est durant les années 1950 qu'il mit au point ce qu'on appelle maintenant un piège de Paul, dispositif électromagnétique formé de deux électrodes en forme d'hyperboloïde et d'une électrode annulaire reliée à une tension oscillante. Paul montra que, en ajoutant ainsi une composante alternative au champ électrique, on pouvait ajuster les paramètres pour que le mouvement complexe d'un ion reste confiné dans une petite région de l'espace. On s'affranchissait, de plus, presque totalement de l'effet Doppler qui augmentait jusque-là très fortement les incertitudes de mesure. Il partagea pour ces travaux le prix Nobel de physique 1989 avec Hans G. Dehmelt et Norman F. Ramsey.
Bernard PIRE
Retour en haut



