2. « Little Nemo », de la planche au dessin animé
C'est le 15 octobre 1905 que paraît, dans le supplément dominical du New York Herald, la première page de l'œuvre majeure de McCay, Little Nemo in Slumberland. Chaque dimanche une grande planche en couleurs, de format 40 × 56 cm, va relater les rêves d'un petit garçon, le jeune Nemo, qui se réveillera brutalement à la dernière case, tombant parfois de son lit, avant de poursuivre la semaine suivante son songe là où il l'avait laissé. Accompagné de quelques comparses, il parcourt un univers onirique, Slumberland (c'est-à-dire le « pays des songes »). McCay, rapidement considéré comme le plus grand dessinateur américain de son temps, se produit alors dans des théâtres, où il dessine ses personnages et commente ses dessins. Un premier album de Little Nemo est édité en 1906 et, en 1908, le compositeur Victor Herbert adapte la série pour en faire une opérette, qui est jouée à Broadway. Son contrat avec le New York Herald étant arrivé à son terme, McCay rejoint le New York American, propriété du magnat de la presse William Randolph Hearst, où sa série paraît de 1911 à 1914 sous le titre In the Land of Wonderful Dreams.
Mais, à cette époque, McCay s'intéresse surtout à un mode d'expression encore balbutiant, le dessin animé, dont il va être un pionnier : il lui apportera une souplesse nouvelle dans les enchaînements d'images, et mettra au point la technique – qui deviendra classique – de travailler d'abord les « dessins clés » et de ne réaliser qu'ensuite les dessins intermédiaires. McCay, sans aucune aide, réalise d'abord une adaptation de Little Nemo (1911), puis How a Mosquito Operates (1912), Gertie the Dinosaur (1914), son plus grand succès, qui a nécessité 10 000 dessins, et enfin un dessin animé lié à l'actualité récente, The Sinking of the Lusitania (1918), où il présente de façon réaliste le naufrage du transatlantique américain Lusitania, torpillé en 1915 par des sous-marins allemands.
En quittant le groupe de presse de Bennett, McCay pensait trouver une plus grande liberté. Mais, même s'il fit paraître dans le Herald Tribune, de 1924 à 19 […]
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