Auteur classique de l'anthropologie sociale britannique, William Robertson Smith, fils d'un pasteur écossais, commença par faire de solides études de psychologie et de théologie en Allemagne, puis s'intéressa à la physique et aux mathématiques. Mais, profondément marqué par sa formation religieuse, c'est dans la voie de l'analyse des Écritures saintes et, plus généralement, de l'interprétation des phénomènes religieux qu'il s'engage de manière durable.
Nommé à vingt-quatre ans professeur de langues orientales et d'exégèse de l'Ancien Testament au Free Church College, à Aberdeen, il se consacra désormais à l'ethnologie religieuse. Il fit plusieurs voyages au Moyen-Orient. Son ami Mac Lennan l'amena à réfléchir à l'anthropologie sociale (Kinship and Marriage in Early Arabia, Cambridge, 1885). Smith écrivit l'important article « Sacrifice » de l'Encyclopaedia Britannica et devint le responsable général de cette vaste entreprise de publication scientifique dont il assura la neuvième édition. Mais il revint assez rapidement à l'université et fut nommé en 1883 professeur à Cambridge (Trinity College, puis Christ's College).
L'œuvre de Smith, bien qu'inégale, reste exemplaire par son effort pour dégager la signification symbolique des institutions. À partir de documents empruntés aux sociétés du Proche-Orient, l'auteur a su donner une interprétation des structures de parenté, de l'origine du totémisme et de la signification du sacrifice.
Jean POIRIER
Retour en haut



