L'alto est l'un de ces instruments obscurs qui ne suscite aucun vedettariat parmi ses interprètes mais dont le rôle demeure essentiel dans toutes les formations de musique de chambre ou symphoniques. Rares sont les altistes qui font une carrière de soliste, peut-être à cause de l'absence de littérature originale. L'Américain d'origine écossaise William Primrose, marchant dans la voie tracée au début du xxe siècle par Lionel Tertis en Grande-Bretagne et Maurice Vieux en France, a contribué à donner à son instrument toutes ses lettres de noblesse par sa carrière de soliste. Il a commandé des œuvres à de nombreux compositeurs afin d'élargir le répertoire et il s'est largement consacré à l'enseignement pour assurer la pérennité de son action. À Glasgow, où il naît le 23 août 1903, Primrose reçoit une formation de violoniste. Il est l'élève de Camillo Ritter, un disciple d'Otakar Ševčik. Sa formation de base relève donc de l'école tchécoslovaque. Puis il se perfectionne à la Guildhall School of Music de Londres avant de travailler avec Eugène Ysaÿe (1925-1927), qui lui révèle les secrets de l'école franco-belge et l'incite à renoncer au violon au profit de l'alto. […]
