Fils d'un drapier de Reading, Laud devient chapelain du roi d'Angleterre Jacques Ier en 1611, évêque de Saint David's en 1621, protégé du duc de Buckingham, conseiller de plus en plus écouté de Charles Ier, évêque de Londres en 1628, archevêque de Canterbury et primat de toute l'Angleterre en 1633. Cette carrière éblouissante s'explique par les extraordinaires capacités de l'homme, mais surtout par la fermeté d'une doctrine politique et religieuse conforme aux aspirations autoritaires des premiers Stuarts.
Laud a voulu lier indissolublement le destin de l'Église et celui de l'État : il apporte à la monarchie le support théologique du droit divin des rois et l'endoctrinement des sujets par un clergé dévoué ; il entend obtenir pour l'Église établie un appui inconditionnel du monarque et un monopole absolu de la foi et de la pratique, sous la garantie des tribunaux royaux d'exception, dont la Chambre étoilée. Il cléricalise l'État, mais fait de la religion le pilier essentiel du pouvoir absolu. Conformément d'ailleurs aux positions antérieures de son Église, il refuse toute liberté d'interprétation de la foi, même celle qui ne porterait pas atteinte à l […]
