3. La photographie divulguée
Si ses dernières photographies connues sont antérieures à 1850, W. H. F. Talbot n'interrompt pas son parcours de chercheur. Devançant les travaux de Nadar sur l'utilisation de la lumière électrique pour l'éclairage des portraits, il inaugure la prise de vue au flash électrique en 1851. L'invention, la même année, du procédé du collodion humide sur plaque de verre de son compatriote Frederick Scott Archer (1813-1857), dans lequel il voit une copie de son calotype, qu'il nomme volontiers « Talbotype », incite Talbot à multiplier recherches et brevets dans le domaine de l'édition des images photographiques : impression sur porcelaine (1849), dédoublement de l'image par amphitypie (1851), dépôts de colorants par gélatine bichromatée (1852), photogravure (« gravure photogénique », en 1852), impression photoglyphique dont il dépose le brevet en 1858.
Cette nouvelle direction, vouée à la propagation de la photographie et dédiée aux artistes qui la pratiquent, rejoint le désir initial de reproduire avec la plus grande vérité possible tout ce qui mérite d'être partagé, la beauté de la nature comme les manifestations de l'art. Contrarié à ses débuts par le succès du daguerréotype, le calotype devait survivre une dizaine d'années après le déclin de son heureux rival, jusqu'au début des années 1860. En effet, si les États-Unis avaient largement opté pour la plaque daguerrienne, nombre de photographes anglais lui préféraient les facilités et le rendu subtil du procédé de Talbot, notamment dans le domaine du paysage et du voyage, comme en témoignait l'exposition L'Image révélée (musée d'Orsay, 2008), avec les photographies prises en France par Alfred Backhouse (1823-1888) et John Stewart (1814-1887), par Charles Clifford (1819-1863) en Espagne, par Calvert Jones (1802-1877) en Italie, Roger Fenton (1819-1869) en Russie et par John Murray (1809-1898) en Inde.
William Henry Fox Talbot meurt le 17 septembre 1877 à l'abbaye de Lacock en laissant d'importantes contributions en astronomie et en physique, ainsi que des traductions de textes assyriens en écriture cunéiforme. Une collection de quelque 6 500 photographies a été léguée par ses descendants au National Museum of Photography, Film and Television de Bradford, dans le West Yorkshire.
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