Après avoir étudié à Canterbury et à Cambridge, Harvey se rend en 1598 à Padoue dont l'université et principalement l'école de médecine étaient en pleine gloire. Là, Fabrice d'Acquapendente lui enseigne l'anatomie et Casserius la chirurgie. Reçu docteur en médecine en 1602, il retourne à Londres et devient, en 1609, médecin de l'hôpital Saint-Bartholomew. Professeur d'anatomie et de chirurgie au Royal College (1615), il enseigne sa théorie de la grande circulation du sang. En 1628, il publie à Francfort : Exercitatio anatomica de motu cordis et sanguinis in animalibus.
Approfondissant les travaux de Colombo, de Césalpin, de Servet, il démontre dans cet ouvrage la communication entre les différentes parties de l'appareil circulatoire, le rôle primordial du cœur et réfute les vieilles conceptions sur la fonction du foie. Il décrit la musculature du cœur et explique son fonctionnement comme celui d'une pompe aspirante et foulante : le sang est propulsé dans les artères, tandis que les veines le ramènent. Il montre le caractère incessant de la circulation au cœur et met en évidence le rôle des valvules. Cependant, s'il a pressenti l'existence de relations entre les veines et les artères, la découverte des capillaires sera faite en 1661 par Malpighi. La découverte du mécanisme de la circulation du sang, une des plus importantes du xviie siècle, bouleversa les notions héritées de Galien, et nombre de bons esprits (dont Riolan et Guy Patin, entre autres) la nièrent violemment, tandis que d'autres (dont Descartes) s'y rallièrent d'emblée. Harvey devint célèbre et eut une clientèle très nombreuse.
D'autre part, on considère souvent Harvey comme le premier des « ovistes », comme le témoigne son adage : « Nous affirmons que tous les animaux naissent de quelque manière d'un œuf », c'est-à-dire qu'une substance matérielle, et non seulement l'œuf, est toujours à l'origine du fœtus. Toutefois, malgré les nombreuses dissections de biches et de daines capturées au cours des chasses du roi Charles Ier, il ne comprit pas le rôle des […]
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