Écrivain et philosophe anglais. William Godwin est né à Wisbech, dans le Cambridgeshire ; son père, qui était pasteur, l'éleva dans la plus pure tradition puritaine. Calvinistes tous deux, ses parents l'envoyèrent faire ses études à Hoxton Academy, où Andrew Kippis et Abraham Rees, de la Cyclopaedia, se chargèrent de son éducation. Devenu plus calviniste que ses professeurs, Godwin se fit disciple de John Glas qui refusait l'idée d'Églises nationales, le royaume de Dieu étant uniquement spirituel. Ensuite, il fut ministre à Ware, à Stowmarket et à Beaconsfield ; c'est à Stowmarket, en 1780, que Joseph Fawcet, un de ses amis républicains, lui fit connaître les philosophes français, ce qui l'éloigna de la foi. En 1782, il s'installa à Londres et c'est alors que la philosophie prit peu à peu le pas sur sa vocation religieuse. En 1783, il fit paraître Vie de Chatham, sans nom d'auteur, puis, en 1784, une série de sermons, Sketches of History, dans lesquels il affirmait que « Dieu lui-même n'a pas le droit d'être un tyran » ; en 1785 enfin, grâce aux bons offices de Kippis, il commença à écrire Sketches of English History pour le New Annual Register. Il écrivit des nouvelles, des articles, et collabora à la English Review. C'est également à cette époque qu'il se mit à fréquenter le cercle politique des whigs et rencontra Thomas Paine qui lui fit lire son manuscrit des Droits de l'homme. Il fit aussi partie d'un club appelé les « Revolutionnists », lié à lord Stanhope, Horne Tooke et Thomas Holcroft.
Godwin, dont la pensée évolue montre en 1795, dans Considerations on Lord Greenville's and Mr. Pitt's Bills, que « le grand problème de la science politique est de savoir comment à la fois conserver à l'homme les avantages de la liberté et user d'une autorité assez ferme pour contrôler chaque violation de la sûreté et de la paix publique ». Publiciste subversif, Godwin ne fut jamais sérieusement inquiété de son vivant pour ses écrits, le Premier ministre Pitt jugeant que, pour un ouvrage séditieux vendu trois gu […]
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