4. Un artiste de son temps
Forsythe s'inscrit dans les grands courants artistiques de son époque : arts plastiques, architecture, performance. En plus de son activité dans le ballet avec des pièces composites et d'autres qui relèvent de la danse pure comme Herman Scherman (T. Willems, 1992), The Room As It Was (T. Willems, 2002) ou One Flat Thing, Reproduced (T. Willems, 2000), où le mouvement est contraint par une vingtaine de grandes tables métalliques, Forsythe crée des installations architecturales avec Daniel Libeskind en Allemagne, Artangel à Londres, Creative Time à New York, City of abstract à Paris en 2003 et en 2006 une autre au musée du Louvre inspirée du dernier tableau de Bacon. « Réunir, dans le cadre d'une installation publique, des gens qui vont, en fonction de leurs déplacements, modifier le dispositif, est pour moi un concept chorégraphique. »
Certain que « toute expérience enrichit le caractère d'un artiste », Forsythe pense que chorégraphes et interprètes ne doivent pas se limiter à l'apprentissage de techniques de danse, classique ou moderne, mais se tourner également vers d'autres disciplines et notamment la philosophie − « un apport indiscutable », ajoute-t-il.
En inventant une danse expérimentale mais vivante, William Forsythe a su donner une nouvelle dimension à la technique classique. Il l'a rajeunie, revivifiée, assortie à son temps en l'insérant dans une écriture scénique qui associe ses collaborateurs. Sa démarche correspond à l'idée de responsabilité individuelle de l'artiste telle qu'elle s'exprime en ce début du xxie siècle. En jouant de tous les procédés et des multimédias, ses pièces disent les fractures de notre monde.
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