Homme d'État britannique, plusieurs fois Premier ministre de son pays (1868-1874, 1880-1885, 1886 et 1892-1894). Fils d'un marchand de Liverpool, Gladstone entre dans la vie politique en 1832 comme député conservateur de Newark ; il est alors un ferme tenant de l'Église anglicane établie, ce qui lui vaut de vives attaques de libéraux comme T. B. Macaulay. Ayant attaché sa fortune à celle de sir Robert Peel, il devient son ministre en 1835, puis en 1841, lui demeure fidèle lors du choix décisif du libre-échange en 1846. Se rapprochant par degrés des libéraux, il est dès 1852 chancelier de l'Échiquier, poste qu'il retrouve grâce à Palmerston en 1859. Considéré au début des années 1860 comme le plus brillant des libéraux, il conquiert la première place dans son parti après 1866 et succède à Disraeli en 1868. D'esprit très religieux, ouvert au progrès, conscient de l'irrésistible nécessité de céder au courant démocratique, mêlant générosité et calculs politiques à l'intérieur comme à l'extérieur, il est homme de contradictions. Son caractère difficile lui vaut des démêlés avec ses amis et la longue inimitié de la reine Victoria. Il rejette avec horreur le disraélisme. L'indifférence […]
