Journaliste, agitateur radical, paysan, parlementaire anglais, William Cobbett est l'un des plus brillants esprits de son temps et l'un des plus indéfinissables. Né dans une humble famille paysanne, qui lui lègue l'amour de la terre et lui permet de comprendre les angoisses des fermiers et ouvriers agricoles, c'est un autodidacte. Soldat de carrière de 1783 à 1791, il émigre ensuite en France, puis aux États-Unis. Il demeure en terre américaine à Philadelphie, puis à New York pendant huit ans : précepteur, traducteur, journaliste, avec la Porcupine Gazette, et libraire, il établit sa réputation par de vigoureuses prises de position en faveur du fédéralisme en Amérique, mais aussi contre les jacobins anglais et contre Thomas Paine. D'où, à son retour en Angleterre, un accueil des plus chaleureux dans les milieux gouvernementaux. De 1801 à 1804, il jouit des avantages d'un soutien officiel, fonde des journaux, le plus durable étant le Cobbett's Weekly Political Register, qu'il publiera jusqu'à sa mort. Il lance aussi les Parliamentary Debates, repris par Hansard en 1812. À partir de 1804, il glisse de plus en plus ouvertement vers des positions plus « radicales » tout en poursuivant sa carrière littéraire : celle-ci est marquée par la rédaction, à partir de 1806, de l'Histoire du Parlement anglais, qui comprend au total 36 volumes ; sur le plan politique, il prend le parti de certains opprimés et, ayant attaqué l'usage du fouet dans l'armée, est condamné à deux ans de prison en 1810.
Le grand tournant de sa vie coïncide avec la fin des guerres extérieures. Cobbett, qui passera encore deux années en Amérique en 1817-1819, épouse les deux causes qui le rendront célèbre. Celle de l'agriculture d'abord : les fermiers et journaliers souffrent très durement de la politique monétaire de déflation, sont souvent incapables de s'acquitter de dettes contractées au temps de l'inflation, voient chuter les prix agricoles malgré les mesures protectionnistes et paraissent les victimes des clas […]
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