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WILLIAM BLAKE (exposition)

On a pu dire que le xviiie siècle avait autant été le siècle des Lumières que de l'illuminisme. Nul doute que William Blake (1757-1827) se situa du côté des illuminés, comme on le voit tout au long de l'exposition présentée au Petit Palais, en partenariat avec le musée de la Vie romantique, du 2 avril au 28 juin 2009. Car s'il est quelqu'un pour qui l'art a coïncidé avec toutes les vérités de la religion, de la philosophie et de la tradition hermétique, ce fut bien lui. À la religion pharisienne de l'art moderne il fut étranger, tout comme il n'eut pas à résister à la tentation mercantile, son absence de sens pratique lui en ayant fait oublier jusqu'à l'existence, à la tentation satanique, dont il reconnaît les deux faces dans le puritanisme de Milton (Paradis perdu) et la cruauté de Dante (Divine comédie), ni enfin à la tentation narcissique (« Satan l'égoïsme personnifié »). Décidément, Blake n'est pas un moderne, sans négliger les leçons de l'antique, il ne les reproduit pas, pour la bonne raison qu'il rejette toute médiation, entrant en contact avec la chose en soi grâce à la reine des facultés : l'imagination, antagoniste de l'intellect (Urizen, le démiurge ainsi nommé par Blake) qui se prétend abusivement l'auteur de ce monde.

C'est donc un contresens que de voir en Blake un précurseur des modernes et du romantisme. Presque tout en lui contredit cette proposition. Il est « naïf », car s'exprime par lui une science infuse, il n'a rien de « sentimental », il ignore tout, en effet, de la réflexion et de la dialectique. Pour lui, le divorce entre le Beau et le Bon n'a jamais eu lieu, il ignore ce qu'est l'« ironie romantique » et, contrairement à son compatriote Hogarth, il estime que « les caricatures pervertissent l'œil ». Même s'il s'est enthousiasmé par la Révolution française, on ne saurait le faire passer pour un artiste politique, bien qu'il marquât une préférence pour les gouvernements ecclésiastiques. Quant à la reconnaissance qui taraude et ravage en géné […]

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BIBLIOGRAPHIE

M. Phillips dir., William Blake. Le Génie visionnaire du romantisme anglais, catal. expos., Petit Palais, Paris musées, Paris, 2009.

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