Médecin berlinois, que son amitié avec Freud a rendu célèbre. Il était spécialisé dans les maladies du nez et de la gorge. C'est sur le conseil de J. Breuer qu'il rencontre Freud en 1887 lors d'une visite à Vienne ; les deux médecins se lient d'amitié et entretinrent une correspondance passionnée jusqu'en 1902, date à laquelle ils rompent sous des prétextes scientifiques. L'histoire de cette correspondance ne peut être séparée de l'autoanalyse de Freud, qui, pendant cette période, à partir de 1897, expérimente sur lui-même la méthode de décryptage de l'inconscient. Une fois que Freud a tiré au clair les sentiments ambivalents qu'il éprouve à l'égard de son ami (haine et admiration tout ensemble), ces relations prennent fin.
Sans elles, Fliess n'aurait peut-être jamais connu une telle célébrité. Il la doit, en partie, aux lettres reçues de Freud et rachetées par Marie Bonaparte. Freud avait, pour sa part, détruit les lettres de Fliess. On sait cependant que les travaux scientifiques de celui-ci concernent l'action psychique des cycles périodiques sur les êtres humains : si les femmes ont un cycle de vingt-huit jours, celui des hommes est de vingt-trois jours. Cette hypothèse va de pair avec celle de la bisexualité que Fliess attribue au vivant en général et dont il parle dans L'Année chez l'être vivant, sorte d'exposé de sa théorie des périodes (1924).
Au temps où il était l'ami de Freud, Fliess élabora une théorie sur l'étiologie des névroses, qu'il publia en 1893 sous le titre de La Névrose nasale réflexe et selon laquelle des corrélations existent entre les organes génitaux et le nez ; celui-ci se gonfle pendant la menstruation. Dans son ouvrage principal, Le Cours de la vie (1906), il manifeste beaucoup d'arbitraire par sa façon de manipuler les chiffres et de calculer les corrélations ; comme bien d'autres amis de Freud — et contre quoi ce dernier aura à se défendre toute sa vie —, Fliess a certains penchants pour l'occultisme.
Catherine CLÉMENT
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