2. Le nouveau Bayreuth
L'écroulement de l'Allemagne et l'interdiction faite à sa mère de diriger le festival mettent Wieland Wagner à la tête de l'institution, en compagnie de son frère cadet, Wolfgang. Parallèlement, l'ouverture des barrières artistiques imposées par le Reich lui révèle, en peinture comme en musique, de nombreuses formes d'expression, inconnues jusqu'alors.
Ainsi la réouverture du festival, en 1951, après d'âpres mises en cause du wagnérisme, est-elle une véritable bombe dans le milieu sclérosé de l'opéra. Parsifal et la Tétralogie sont présentés dans des espaces lumineux dépouillés de toute anecdote, mettant en valeur toute la portée universelle, symbolique et atemporelle des œuvres.
À partir de cette date, Wieland met en scène, à Bayreuth, l'ensemble des œuvres de son grand-père, parallèlement aux productions qu'y présentera aussi son frère. Parsifal évoluera de 1951 à 1965, la Tétralogie de 1951 trouvera un visage définitif de 1953 à 1958 et sera renouvelée en 1965-1966 ; Tristan sera présenté sous deux aspects différents en 1952-1953 puis en 1962-1966, tout comme Tannhäuser, qui évoluera profondément entre les productions de 1954-1955 et celles de 1961-1962 et 1964-1966 ; Les Maîtres chanteurs de Nuremberg seront représentés selon deux conceptions radicalement différentes en 1956-1960 et en 1963-1964. En revanche, Lohengrin (1958-1962) et Le Vaisseau fantôme (1959-1965) ne seront présentés à Bayreuth que sous une seule forme, mais, comme pour toutes les productions de Wieland Wagner, en perpétuelle évolution. Cependant, Rienzi, qu'il mettra en scène à titre d'essai à Stuttgart en 1957, ne sera pas présenté au festival.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



