Nom donné, à partir des années 1679-1680, à la fraction libérale de la classe politique anglaise. Celle-ci fut baptisée par ses adversaires du nom de révoltés écossais du début de la Restauration ; une nuance péjorative de banditisme et de violence y est attachée. Soupçonnés de nourrir les plus noirs desseins contre la personne royale au temps du conflit de l'exclusion, les whigs reçoivent peu après leurs lettres de noblesse en participant à la révolution de 1688. Adeptes enthousiastes des idées de John Locke, ils proclament leur attachement à l'idée de contrat, à la distinction des pouvoirs, aux principales libertés civiques. Bénéficiant des compromissions de certains de leurs adversaires tories avec les prétendants jacobites, ils deviennent de plus en plus, en particulier sous les premiers Hanovre, les principaux serviteurs et bénéficiaires du pouvoir, sous la direction de Premiers ministres comme Robert Walpole et William Pitt l'aîné (le futur Chatham). Les prétentions autoritaires de George III, après 1760, les écartent du trône et l'affaire américaine creuse le fossé. Divisés et démoralisés, les whigs sont aussi les victimes de l'évolution sociale et idéologique : méfiants […]
