Né à Médine, Wāṣil passa presque toute sa vie à Baṣra. Il suivit d'abord l'enseignement de Ḥasan al-Baṣrī, mais se sépara de lui sur le problème du musulman qui a commis une faute grave (kabīra). Il n'admettait pas que le statut légal (ḥukm) de ce dernier fût celui du musulman croyant. Wāṣil est considéré comme étant le premier théoricien de la théologie mu‘ tazilite. Il soutenait la thèse du libre arbitre et pensait que le musulman qui a commis une faute grave restera éternellement en enfer ; il niait, pour sauver la parfaite unité de Dieu, l'existence d'attributs distincts de l'Essence divine. Mais ce qui l'intéressait surtout était la question que pose le croyant qui commet une faute grave : à cette époque, la réponse qu'on pouvait y donner avait en effet des conséquences politiques importantes, puisqu'on estimait que, dans les querelles sanglantes qui avaient opposé les musulmans, un groupe devait avoir un tort grave. Comment alors devait-il être traité selon les exigences véritables de la foi et de la Loi ? Mais peu à peu, les idées purement théologiques allaient prendre le pas sur les questions politiques.
[…]

