2. Wang Meng, héritier du style Dong-Ju et de Zhao Mengfu
Les textes traditionnels s'accordent pour situer Wang Meng, ainsi que les trois autres « grands maîtres Yuan », dans la lignée des grands paysagistes méridionaux du xe siècle : Dong Yuan et son élève, Juran. Les œuvres les plus anciennes de Wang Meng attestent en effet cette dette, ainsi que celle qu'il garde envers son célèbre aïeul, Zhao Mengfu. Parmi les compositions datées de Wang Meng, les plus anciennes se rapportent à la décennie 1340-1350 et marquent une phase charnière de son art. Huttes de feuillages dans les monts orientaux, rouleau vertical daté de 1343 (Gugong, Taipei) – peut-être une copie Ming d'un original du maître –, reprend une composition traditionnelle en trois plans, dont le premier, de plain-pied avec le spectateur, est séparé du massif rocheux du fond par une large étendue d'eau intermédiaire. On trouve pourtant ici les prémices de l'évolution ultérieure du peintre, dans le rapprochement de la vue et dans la liaison des différents plans. Le motif de la montagne en falaises étagées deviendra un poncif des paysages de la fin des Yuan et du début des Ming. Ermitages dans les montagnes d'été (Freer Gallery, Washington), daté de 1354 et peint sur soie, témoigne d'une allégeance encore plus grande aux styles des maîtres anciens. On y retrouve le schéma des paysages de rivière de l'école Dong-Ju, largement illustré à la même époque, dans les copies de Juran, par Wu Zhen (Aurore printanière sur le fleuve pur, Gugong, Taipei). La forme des montagnes est directement héritée de Juran, mais l'origine de certains motifs – saules, arbres de premier plan, joncs affleurant l'eau – et le traitement de la colline avançant au plan intermédiaire, doivent être recherchés chez Zhao Mengfu (Couleurs d'automne, Gugong, Taipei ; Village au bord de l'eau, musée du Palais, Pékin).
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