Professeur de droit, puis président de la commission de la république fédérale d'Allemagne pour l'U.N.E.S.C.O., Walter Hallstein est remarqué en 1950 par le chancelier Adenauer. Celui-ci en fait presque aussitôt un secrétaire d'État à la chancellerie, puis, en 1951, quand la République fédérale obtient le droit d'avoir un ministère des Affaires étrangères, son secrétaire d'État à la Koblenzerstrasse. C'est alors qu'il énonce ce qu'on appellera la doctrine Hallstein, et qui fut en fait l'œuvre de Wilhelm Grewe, directeur des affaires politiques au ministère : rupture des relations diplomatiques avec quiconque reconnaîtrait comme État l'ancienne zone soviétique d'occupation ; pas de relations diplomatiques avec ceux qui l'ont déjà reconnue, sauf l'U.R.S.S. L'application d'une politique prévue comme souple sera rigide et Hallstein se révèle comme un doctrinaire : doctrinaire d'une politique inflexible à l'Est, mais aussi doctrinaire chaleureux de l'Europe à construire à l'Ouest. Choisi en 1958 par les Six pour être le premier président de la commission exécutive de la C.E.E., il ne peut y faire prévaloir ses vues sur le renforcement de l'exécutif européen du fait de l'opposition de la France : la crise de 1965, c'est la victoire de Maurice Couve de Murville sur Hallstein et l'échec de la tentative de donner un vrai pouvoir à la commission. Remplacé à Bruxelles en 1967, il fait une brève carrière parlementaire à Bonn (1969-1972) comme spécialiste — peu écouté — de politique étrangère du Parti démocrate-chrétien (C.D.U.). Puis il prend une semi-retraite, tout en conservant la présidence du Mouvement européen jusqu'en 1974.
Alfred GROSSER
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