Économiste et journaliste britannique, Walter Bagehot est issu d'une lignée de négociants dans laquelle se distingue son oncle maternel, Vincent Stuckey, directeur de la plus grande banque de l'ouest de la Grande-Bretagne. Enfant, Bagehot reçoit une éducation sévère, typiquement victorienne. À l'âge de treize ans, il rejoint le Bristol College l'un des meilleurs de Grande-Bretagne.
De religion unitarienne, son père l'envoie faire ses études à l'University College de Londres, seul choix possible pour lui car, à cette époque, les universités d'Oxford et de Cambridge sont anglicanes. Walter Bagehot y noue quelques amitiés durables, notamment avec Richard Holt Hutton qui, à la fin du xixe siècle, deviendra le prestigieux éditeur du Spectator, ainsi qu'avec le poète Arthur Hugh Clough. Dans la génération qui le précède, il se lie avec Henry Crabb Robinson, lui-même ami de Goethe, Schiller et Coleridge. Walter Bagehot obtient brillamment sa licence, puis sa maîtrise en 1848.
Il étudie ensuite le droit pendant trois ans mais n'apprécie pas cette matière. C'est par hasard qu'il commence à écrire. Il est en effet à Paris à la fin de 1851 lors du coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte. Dans une série d'articles pour un grand journal unitarien, il décrit cet événement et défend Louis-Napoléon Bonaparte, suscitant une vive polémique parmi les lecteurs, car cet acte est violemment condamné en Grande-Bretagne. Néanmoins, cela le convainc de sa capacité à écrire, qu'il met en œuvre tout en travaillant pour la banque Stuckey. Dans les années qui suivent, Bagehot écrit une série d'essais sur John Milton, William Shakespeare, Edward Gibbon, Walter Scott et Pierre Jean de Béranger. Parallèlement, il trace les portraits de dirigeants politiques tels que Henry St John Bolingbroke, William Pitt et Robert Peel.
En tant que banquier, Bagehot écrit divers articles dans la presse économique, qui retiennent l'attention de James Wilson, secrétaire d'État au Trésor dans le gouvernement de lord Palmerston, membre influent du Parlement britannique et fond […]
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