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WALLER THOMAS dit FATS (1904-1943)

Disciple de James P. Johnson, le père spirituel de tous les grands pianistes stride, Fats Waller ne tarda pas à surpasser son maître en vélocité, en légèreté, en originalité et en élégance. On reconnut en lui le meilleur pianiste des années 1920, avec Earl Hines. C'est comme organiste qu'il fit ses débuts — il fut l'un des premiers, d'ailleurs, à utiliser l'orgue dans le jazz — et il doit à la dure discipline de cet instrument la subtilité avec laquelle il joue du volume sonore et de la puissance. Grâce à ses dispositions physiques pour le clavier — il pouvait couvrir douze touches d'une seule main —, il acquit une redoutable maîtrise technique, à laquelle rendit hommage Art Tatum lui-même. Si la main droite est extraordinairement déliée, la gauche fascine par une souple autorité, qui assure une profonde assise rythmique. À cela s'ajoutent une magnifique sonorité, à la fois brillante et veloutée, et une imagination mélodique intarissable, pleine d'une verve charmante. Fats usait du piano comme d'un orchestre, ce qui ne l'empêcha point de réunir autour de lui d'intéressantes petites formations, à mi-chemin du vieux style et du middle jazz ; il réalisa avec elles, après 1934, de très nombreux enregistrements. (On lui doit des thèmes célèbres comme Ain't Misbehavin', Squeeze Me, Black and Blue, Honeysuckle Rose.) Animateur truculent, chanteur à la cocasserie irrésistible, pitre de génieFats Waller, ce très grand musicien fut relégué par la société blanche dans un rôle de bouffon. Il se vengera en ridiculisant la bêlante sentimentalité de ses rengaines, non sans éprouver secrètement, durant toute sa vie, l'amertume des humiliés.

Fats Waller Photographie

Fats Waller L'Américain Fats Waller (1904-1943), l'un des meilleurs pianistes de jazz des années 1920.

Crédits: Hulton Getty Consulter

Alain GERBER

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Alain GERBER, « WALLER THOMAS dit FATS - (1904-1943)  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le  . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/waller-thomas-dit-fats/

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Écrit par :  Philippe CARLESJean-Louis CHAUTEMPSMichel-Claude JALARDEugène LLEDO Universalis

Dans le chapitre "Le « vieux style » (1917-1930)"  : …  Quant à l'école de New York, on lui doit les pianistes au jeu stride (main gauche ambulante, marquant les temps pairs dans la basse et les temps impairs dans le médium), Willie « the Lion » Smith, James P. Johnson (à ne pas confondre avec Pete Johnson, pianiste de boogie-woogie), et, surtout, le joyeux Fats *Waller (Alligator CrawlLire la suite

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