Chose plus rare qu'on ne le croit, dans un pays où les généalogies s'inventent parfois du jour au lendemain, Walker Percy descend d'une très ancienne famille du Sud. C'est à la fin du xviiie siècle, au lendemain de la révolution américaine, que « Don Carlos », le premier Percy, s'installe au sud de Natchez, dans ce qui est encore à l'époque territoire espagnol. Son petit-fils, le trisaïeul du romancier – l'Aigle gris du Mississippi, ainsi qu'on le surnommait – fit partie de la caste des planteurs du Sud qui, au lendemain de la guerre civile, s'efforça d'enrayer la montée des petits Blancs racistes et « mangeurs de feu » : les Snopes de Faulkner. Walker Percy avait treize ans lorsqu'en 1929 son père se suicida. Il fut élevé par son grand-oncle, Alexander Percy, l'auteur deLanterns on the Levee, ou « mémoires d'un planteur sudiste » (1942). Ce livre est une longue méditation élégiaque sur le crépuscule de l'aristocratie, caste en voie d'extinction dont les bastions tombent l'un après l'autre sous l'assaut de la « racaille ».
Alexander Percy se voit comme « le dernier des gentilshommes », expression dont Walker Percy fera le titre d'un de ses rom […]
