Il est l'homme du théâtre sans frontières, embrassant tout à la fois l'Orient et l'Occident. Son écriture mouvante emprunte aussi bien à la tradition du conte qu'aux techniques du cinéma. Libanais de naissance, Québécois depuis 1983, francophone par la langue, Wajdi Mouawad s'est imposé en une dizaine d'années comme l'une des plus inventives figures du théâtre contemporain. À la fois acteur et auteur, metteur en scène, il parvient à évoquer le monde et l'histoire à partir d'une biographie placée, dès l'enfance, sous le signe de la douleur et de la guerre, de la rupture et de l'exil.
Wajdi Mouawad est né au Liban le 16 octobre 1968. Il a à peine dix ans lorsque ses parents, chrétiens maronites, émigrent à Paris, fuyant un pays déchiré. Ils y resteront cinq ans, le temps pour l'adolescent d'oublier sa langue maternelle au profit du français, mais non de cicatriser les premières plaies de son existence. En 1983, la France refuse de renouveler les permis de séjour de la famille. Contrainte à un nouveau départ, celle-ci émigre cette fois au Canada. Depuis lors, il se partage entre le Québec et la France, avec une prédilection pour Toulouse.
Nourri de littérature (Kafka, Céline, Dostoïevski, Conrad, Sophocle, Borges, Sara Kane, Réjean Ducharme), tout autant que de cinéma (d'Ozu à Tarkovski en passant par le King Kong de Peter Jackson), Wajdi Mouawad s'inscrit à l'École nationale du théâtre, à Montréal. En 1991, son diplôme d'interprétation en poche, il fonde sa première compagnie, le Théâtre Ô Parleur. Par la suite, de 2000 à 2004 il assurera la direction artistique du Théâtre de Quat'sous à Montréal, avant de succéder à Denis Marleau, en 2007, à la tête du Théâtre français au Centre national des arts d' Ottawa.
Wajdi Mouawad met d'abord en scène des textes de son frère Naji (Al Maja, 1991 ; L'Exil, 1992), aborde Céline et Shakespeare (Voyage au bout de la nuit, Macbeth, 1992) avant de se confronter aux Grecs (Œdipe Roi de Sophocle, 1998 ; Les Troyennes d'Euripide, 1999), ainsi qu'à des dramaturges contemporains : Ezna Mazia ( […]
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