Un des maîtres du cinéma soviétique dont l'activité coïncide curieusement avec le « règne » de Staline. Entré en 1920 à l'École de cinéma à Moscou (V.G.I.K.), il y travaille comme élève-acteur, scénariste, décorateur, assistant. Il garde surtout l'empreinte de Lev Koulechov, qu'il assiste dans ses expériences sur le montage.
La période du cinéma muet lui vaut la gloire comme réalisateur. Trois films surtout dominent son œuvre : La Mère (Mat', 1926), La Fin de Saint-Pétersbourg (Konec Sankt-Peterburga, 1927), Tempête sur l'Asie (Potomok Cingis-Khane, c'est-à-dire « le descendant de Gengis khān », 1928). Il s'en explique beaucoup dans divers articles et ouvrages où il codifie l'esthétique du film muet. Partant d'un thème simple, appuyant une thèse omniprésente (comme on en conviendra plus tard, l'idéologie est dans la forme comme dans le sujet), Poudovkine met au point un découpage extrêmement rigoureux, où les structures strictement prévues s'enchevêtrent et se dénouent dans un final lyrique. Poudovkine, qui était l'élève de Koulechov, a une foi enthousiaste dans le montage, érigé en une sorte d'absolu : seul celui-ci est langage cinématographique, c'est lui qui crée l'espace, le temps, le rythme, c'est lui qui communique les idées. À l'inverse d'Eisenstein (celui du Cuirassé Potemkine), il a recours non à l'homme type mais au véritable acteur professionnel. Disciple de Stanislavski, il demande tellement à ses interprètes d'entrer dans leurs personnages qu'il leur fait répéter leur rôle dans la progression de l'action, même s'il n'en tourne qu'un seul plan. Il réussit ainsi à traiter son thème préféré, la prise de conscience (politique et sociale), avec des plans et des visages. Plus proche du spectateur sur le plan affectif (par les possibilités d'identification) qu'Eisenstein, qui peignait des groupes et non des personnages, Poudovkine s'adresse plus immédiatement mais moins profondément au public.
À l'avènement du cinéma parlant, il signa avec Eisenstein et Alexandrov un manifeste resté cél […]
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